Bref
historique de la crosse au Canada
La crosse, que les Premières nations d'Amérique du Nord
connaissaient sous de nombreux noms comme Bagattaway ou Tewaarathon, a
joué un rôle important dans la vie communautaire et religieuse
des tribus du continent pendant des temps immémoriaux. La crosse,
dont les origines se perdent dans l'antiquité du mythe, demeure
un apport notable de la culture autochtone à la société
canadienne moderne. La crosse autochtone se caractérisait par une
implication spirituelle profonde. Ceux qui s'y adonnaient la pratiquaient
avec dévouement dans la perspective idéale, la plus élevée
qui soit, de se mériter la gloire pour eux-mêmes et pour
leur tribu, et d'honorer les participants et la tribu à laquelle
ils appartenaient.
Dans les années 1840, les premières parties de crosse ont
eu lieu entre les colons et les Autochtones. Même s'il a fallu très
longtemps avant que les colons puissent enregistrer des victoires contre
les Autochtones, le jeu de crosse a rapidement suscité l'intérêt
des nouveaux Nord-Américains et s'est attaché leur loyauté.
Si bien qu'en 1859, le Parlement a élevé la crosse à
titre de Jeu national du Canada. En 1867, le club de crosse de Montréal,
dirigé par le Dr. George Beers, a organisé à Kingston
une conférence ayant pour objectif de créer un organisme
national chargé de diriger ce sport dans le pays nouvellement formé.
L'Association canadienne de crosse est ainsi devenue le premier organisme
national directeur de sport en Amérique du Nord complètement
dédié à la gouvernance d'un sport, à la normalisation
de ses règlements et de ses compétitions, et à l'organisation
d'un Championnat national visant à promouvoir une bonne camaraderie
et l'unité dans tout le pays. La devise inoubliable de cette organisation
était :
« NOTRE PAYS - NOTRE JEU »
La crosse, à cause de son histoire unique, représente un
lien entre les composantes diverses de l'histoire canadienne, à
savoir les Premières nations et les colons européens. C'est
encore aujourd’hui un des rares exemples d'un élément
de la culture autochtone qui a été accepté et adopté
par la société canadienne. Les notions européennes
de structure et de règlements ont été ajoutées
aux rituels religieux et sociaux des premiers Nord-Américains.
Cette symbiose a produit un des premiers symboles du nouveau Canada :
la crosse.
À l'avènement du XXe siècle, la crosse était
le sport dominant au Canada. Il y avait d'importantes ligues amateurs
et professionnelles dans tout le pays, et des équipes voyageaient
régulièrement du Québec à la Colombie-Britannique
et vice versa pour briguer la suprématie dans ce sport. En 1901,
Lord Minto, Gouverneur général du Canada, a donné
à l'ACC une coupe en argent pour qu'elle devienne le symbole de
la suprématie en crosse au pays. La coupe Minto, qui récompense
aujourd’hui la suprématie dans les rangs juniors, demeure
un des prix les plus prisés en crosse. En 1910, Sir Donald Mann,
architecte en chef du Chemin de fer Canadien du Nord, a fait don d'une
coupe en or massif pour le Championnat senior amateur du Canada. Aujourd’hui,
la coupe Mann est le trophée qui récompense le vainqueur
du Championnat canadien senior «A» de crosse en enclos.
Au cours des années 1930, la crosse a encore connu des innovations.
Les promoteurs ont relié les deux sports les plus populaires, la
crosse et le hockey, et créé la crosse en enclos, (également
appelée Box Lacrosse ou Boxla en anglais). Ce jeu axé sur
la vitesse et plein d'action a rapidement suscité un appui massif
au sein de l'organisation. Dès le milieu des années 1930,
la crosse au champ a été complètement remplacée
par la crosse en enclos et c'est cette version du sport qui est devenue
le sport officiel de l'Association canadienne de crosse. Aujourd’hui,
l'Association canadienne de crosse reconnaît quatre disciplines
distinctes du jeu de crosse : la crosse (crosse en enclos), la crosse
au champ, la crosse féminine et l'intercrosse. La crosse en enclos
est un jeu spécifique au Canada qu'on peut décrire comme
un sport de vitesse et de réaction. La crosse au champ est un jeu
de patience et de stratégie axé sur le contrôle de
la balle. C'est la crosse féminine qui ressemble le plus au jeu
d'origine, car elle est basée sur la technique de passe et le contrôle
de la balle. De son côté, l'intercrosse est une version de
la crosse sans contact conçue pour être adaptée aux
diverses catégories d'âge et aux différents niveaux
techniques des participants.
Le Parlement a confirmé en 1994 que la crosse était le sport
national (d'été) du Canada.
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